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LES AMOURS IMAGINAIRES

 

Deux amis, Francis (Xavier Dolan), un jeune homme sensible et Marie (Monia Chokri) une  jeune femme passent le plus clair de leur temps ensemble sauf  pour baiser. Lors d'une fête ils font la connaissance de Nicolas (Niels Schneider), un charmant garçon blond à l’allure séraphique. Ils sont subjugués par son charme tout en feignant de ne pas l'être. Les fantasmes, l'imaginaire  des deux s'enflamment au contact de l'ange blond, un David Michelangelien pour l'une, une figure à la Cocteau pour l'autre.   Quant à Nicolas, il se laisse porter par les désirs des deux tourtereaux en jouant de son charme, de sa beauté pour tisser et découdre la toile d'araignée qu'il laisse se former. Pourquoi s'en priver puisque  par sa seule présence il attire sans effort  filles et garçons.  Le trio se laisse bercer par les illusions d'autant plus actives que chacun s’y complait.

 Inévitablement la jalousie s'empare du couple et lorsque  les désirs s'exacerbent en mode majeur, le  bellâtre prend la poudre d'escampette laissant les deux éconduits Gros- jean comme devant.

Les amours imaginaires  c'est une variation québécoise et jeune du classique trio amoureux. Le réalisateur, scénariste, costumier et acteur  Xavier Dolan  poursuit l'exploration  des sentiments amoureux. Après son décoiffant J'ai tué ma mère ,  le voici  pérégrinant urbi  et orbi à la découverte du désir amoureux . Maintenant qu'il a réglé cinématographiquement son compte avec sa mère, il s'aventure dans les arcanes de l'amour adulte. Dépassée la révolte de l'adolescent il entre dans l’âge adulte et explore en tâtonnant les méandres du sentiment amoureux.
L'amour ne serait-il qu'imaginaire?  Il y a de fortes chances qu'effectivement entre deux personnes l'amour demeure  une difficile et déroutante affaire de rencontre entre les désirs.
Francis (Xavier Dolan)
Xavier Dolan a compris que la rencontre amoureuse est avant tout une histoire imaginaire qui ne rate pas une occasion de se casser la gueule au contact de la réalité. Et pour l’illustrer, Xavier Dolan introduit le long de son scénario des interviews d'une demie douzaine de personnes comme autant de fragments d’histoires, d' expériences amoureuses le plus souvent douloureuses. Fragments qui viennent scander le déroulement de l’histoire du trio. Rien de bien nouveau certes mais  la jeunesse du réalisateur confère un éclairage plutôt sympathique à ce désordre altersexuel.



Il me semble que justement sa vivifiante juvénilité s’actualise et bute d’une certaine façon sur cet entre deux du passage de l’adolescence au monde de l' adulte. À l’instar du personnage qu’il incarne il s’aventure accompagné. Sa relation avec Marie s'apparente à un étayage. Les deux ne parviennent pas à trouver l'âme sœur. Francis additionne les rencontres en autant de traits qu'il inscrit sous le miroir de sa salle de bain quant à elle ce n'est guère plus glorieux. Ainsi il n'est pas surprenant qu'ils restent ensemble en s'entichant du même amant.  Et même si Nicolas use de la séduction pour faire tourbillonner les émois des deux, il se tire fissa dès que ça chauffe trop. Il fait mine d’être surpris que Francis ait imaginé qu'il puisse être gay, et il éjecte Marie sans état d'âme... il a quelque chose sur le feu.
En fait Nicolas n'est que le révélateur de désirs non partagés, de l'emballement de la pulsion amoureuse et de son fourvoiement. Les deux protagonistes s'enferrent dans des impasses masochistes. Amours imaginaires,  contrariées qui brouillent les deux amis. Et il n’est pas sûr qu’ils aient retenu la leçon…
Le film est plaisant à regarder, accompagné d’une musique décalée de Bach à Dalida en passant par Wagner. On entend Dalida chantée en italien Bang, bang  ce qui m’évoquait  Une robe d’été  le joli court métrage de François Ozon. D’autres clins d’œil cinématographiques égayent Les amours imaginaires : Truffaut, Almodovar…
Nicolas (Niels Schneider)

Les amours imaginaires , film canadien québécois réalisé par Xavier Dolan (2010).

Tags: altersexualité, canada, film adolescence
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