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THE HOUSEMAID


 

The housemaid, (la servante), se déroule dans un huis clos qui rappelle le film de Claude Chabrol  La cérémonie dans la lignée des bonnes de Genet. L'histoire débute la nuit dans le cœur palpitant d'une grande ville coréenne. On assiste à l’activité grouillante des petits commerçants, restaurateurs, petits vendeurs de rue. Parallèlement à cette description quasi documentaire, on est témoin du suicide d'une belle jeune femme qui se jette d'un balcon sans que nous en connaissions la raison. Puis on s'attarde sur une jeune femme qui travaille dans un  petit restaurant. Changement de décor, on retrouve cette jeune femme embauchée dans une riche famille bourgeoise. Euny (Jeon Do-youn l’actrice de Secret Sunshine) a troqué les couloirs poisseux de son travail précédant pour le luxe et la tranquillité apparente d'une superbe villa. Un travail facile : s'occuper d'une petite fille et de l'activité domestique.

Le chef de famille (Lee Jung-jae)  un trentenaire à la plastique magnifique règne sur la maisonnée tel un esthète. Il joue, avant de partir à son travail, des sonates de Beethoven. Le soir, il déguste des grands crus bordelais.  Il semble attentionné - juste ce qu’il faut - envers sa jeune épouse enceinte et de leur fillette. Le mobilier luxueux, les  tableaux de maîtres accrochés aux murs, composent un univers pour magazine de décoration de maison de luxe au milieu duquel il jouit d’une vie bien ordonnée par les femmes qui l’entoure. Sa femme est cornaquée par sa mère, une espèce de douairière perverse qui veille au maintien du confort de sa fille et du sien. Elles sont servilement secondées par la vieille  gouvernante (Youn Yuh-jung), une lointaine cousine d’Anthony Hopkins dans Les vestiges du jour de James Ivory. C'est elle qui a recruté Euny après s'être assurée de sa servilité, naïve mais pas  idiote.

Comme on pouvait s’y attendre la jeune Euny ne résiste pas longtemps aux avances à peine déguisées du chef de famille. Il n’a pas vraiment besoin d’user d’un droit de cuissage que sa position lui permettrait d’exercer et dont on imagine qu’il profiterait sans vergogne. Euny accepte (on la comprend) de baiser avec lui. Ingénuité, naïveté ? pas sûr car lorsqu’elle est enceinte, elle décide de garder l’enfant alors qu’on lui intime l’ordre d’avorter.
Le bel ordonnancement vacille face aux amours ancillaires d’autant qu’Euny refuse de respecter les règles implicites.

 

Une histoire classique donc entre maitre et servante qui  est ici filmée avec une obsession du plan juste, propre.  À la vision nocturne, laborieuse de la ville du début du film répond, la clarté, la netteté de l’intérieur d’une maison « close ». The housemaid parait plus un exercice de style plutôt qu’une dénonciation du cynisme des rapports de classe. Du pouvoir masculin sur les femmes. On retrouve la thématique du film de Lee Chang-dong. Mais ici on sent trop la beauté formelle et vaine sous couvert d’une critique sociale (présente chez Chabrol). Le film habilement mené ne dénonce rien que nous ne sachions déjà, et donc on s’intéresse plutôt au savoir faire d’Im Sang-soo qui propose une œuvre bien emballée.  Dans le générique il est d’ailleurs mentionné que ce film est le remake d'un  de 1960 Hanyo  (la servante) de Ki- young  Kim.  

Lire les avis de Cluny et Chori.

The Housemaid, film sud-coréen réalisé par Im Sang-soo (2010).

 
Tags: Corée du sud, film
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