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BEAUFORT



Ziv, un  artificier saute d’un hélicoptère sous une pluie d’obus à la forteresse de Beaufort. Il reprend ses esprits à l’abri dans un bunker aménagé sur cette montagne qui domine la plaine de la Bekaa. Dans quelques jours, l’action se déroule en mai 2000, Tsahal quittera le sud Liban. En attendant l’armée israélienne maintient contre vents et obus de mortier cette position acquise chèrement il y a 18 ans. Ziv découvre avec nous le dédale du fortin. Il est perdu dans ce labyrinthe de coursives où suinte une ambiance de tension, d’angoisse diffuse. J’ai pensé au film Alien lorsque Sigourney Weaver déambule apeurée dans son vaisseau spatial. Nous sommes dans un univers sous terrain sécurisé et claustrophobe. Dehors le Hezbollah pilonne par intermittence cet avant poste qu’Israël défend par principe. Jusqu’au bout les politiques voudront conserver un contingent de soldats malgré des pertes humaines. Beaufort c’est le fort Bastiani, celui du désert des Tartares, à l’envers. L’ennemi invisible bombarde sans répit et la garnison ne riposte pas. La fin de la guerre approche et pour l’instant il faut effectuer des missions aussi dangereuses qu’inutiles. L’artificier doit procéder au déminage d’une bombe. Il tergiverse mais les ordres sont formels. Malgré toute la minutie apportée à cette opération elle tourne au fiasco. Beaufort, le château des croisés incarne la politique israélienne, une place forte invincible dotée de tout un arsenal technologique et militaire qui est sensée protéger l’Etat hébreu. Pourtant cette montagne n’offre guère d’intérêt stratégique, sa conquête fut menée un peu par hasard. Rien ne semble justifier le maintien d’une garnison à Beaufort, sauf à signifier au Hezbollah la présence plus que symbolique, réelle et psychologique d’une armée solide et courageuse. De la ténacité il en faut pour recevoir sans broncher des roquettes. Peut être est-ce pour cette raison que les tirs du Hezbollah épargnent les ruines de l’ancienne forteresse.

 

La petite garnison commandée par Liraz (Oshri Cohen), vit repliée dans un huis clos psychodramatique. Après une première partie consacrée au déminage d’une bombe, la seconde partie se concentre sur les quelques  troufions qui tiennent la position. Portraits un peu convenus : le libérable qui rêve à un amour lointain, une américaine ; un soldat musicien et l’officier devenu commandant à force de volonté.

Pas vraiment militaristes, ils assurent leur boulot en évitant d’y laisser des plumes. Ici pas d’action, seulement la crainte qu’un obus vienne vous exploser à la gueule. L’ennemi est invisible et de toute façon il semble hors de question d’aller le déloger. La seule issue réside dans une retraite au goût amer. Les débats politiques s’invitent dans ce nid d’aigle et les soldats connaissent les atermoiements qui ont précédé le retrait du sud Liban. Dans ces conditions passer une journée supplémentaire à se faire canarder paraît  absurde.
La tension demeure permanente tout au long du film. Comme souvent dans les films israéliens, on est étonné des rapports humains et si peu hiérarchiques entre les soldats et leur officier. Je pense au film de Eytan Fox Yossi & Yagger qui évoque les liens entre un soldat et un gradé, même s’il s’agit d’une liaison amoureuse.

 

Beaufort, un film israélien réalisé par Joseph Cedar (2006).

Tags: Israël, film
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