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JUNO - BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK — LiveJournal

fév. 8e, 2008

07:26 pm - JUNO

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Juno, 16 ans tombe enceinte presque par hasard. Plutôt que de s’ennuyer à regarder The Blair Witch Project à la télé, elle a déniaisé Paulie son petit copain. Et maintenant que faire du bébé ? Un petit tour au centre d’orthogénie la dissuade de recourir à l’avortement ! L’accueil, les clients, tout cela lui paraît bien glauque, bref sur un coup de tête elle renonce. Les parents bienveillants acceptent quasiment sans moufeter sa décision de mener à terme sa grossesse. Mais comme elle se considère trop jeune pour l’élever, elle consulte les petites annonces pour dénicher des parents adoptifs. Elle repère un couple idéal à ses yeux, ils sont riches, beaux, jeunes ils feront l’affaire. Il ne reste plus qu’à la suivre durant sa gravidité.

Jennifer Garner, Jason Bateman et Ellen Page.

Tout tourne autour de Juno. Elle a du bagout, ce qui laisse peu de place à la parole des autres et comme son langage est rythmé par des réparties souvent drôles, on se trouve emporté.

Tout cela semble bien gentillet, d’ailleurs dans cette histoire tout aspect anxiogène est scotomisé. Point de réflexion autour du désir de maternité, du devenir de l’enfant. Elle exhibe la métamorphose de son ventre de plus en plus proéminent sans état d’âme. On voit que l’environnement quelquefois s’étonne mais sans plus. Ses parents bonne pâte l’accompagne à distance sans se formaliser. Et puis la gestation s’égrène le long de saisons qui défilent et de lycéens joggers qui s’entraînent devant sa maison.

Ellen Page et Michael Cera.

Pas de questionnement éthique sur le portage d’un enfant et de son abandon, « comme Moïse » lâche-t-elle en guise d’explication pour le justifier. C’est un peu court. Et je crois que c’est ce qui m’a déplu dans ce film. Sous une logorrhée bien troussée et souvent drôle le spectateur assiste navré à cette quasi absence de regard critique. Il y a bien quelques esquisses, mais c’est souvent éludé.

Pourquoi un tel enthousiasme critique ? Je reconnais que l’actrice porte le film et qu’on admire son abattage. Quelques répliques savoureuses, des séquence marrantes comme ces jeune joggers dans leurs flottants de satin jaune qui tel un leitmotiv passent régulièrement devant la caméra. Reste un film de divertissement. Dans Juno tout est propret, mièvre et formaté pour plaire à un large public consensuel.
On est loin de Little Miss Sunshine et sa vision iconoclaste de l’école des fans. Pendant le film je repensais au sympathique Echo Park L.A. des compères Richard Glatzer et Wash Westmoreland. Cette histoire de Quinceañera où la jeune Magdalena se retrouve enceinte et doit se dépatouiller avec une famille hostile et la débandade du garçon.

Des avis ici.

Juno réalisé par Jason Reitman film américain (2007)