?

Log in

No account? Create an account

LE MARIAGE DE TUYA - BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK

oct. 10e, 2007

03:10 pm - LE MARIAGE DE TUYA

Previous Entry Share Next Entry


Aux confins de la Chine, en Mongolie Intérieure, c’est à dire aux antipodes du Beijing 2008, sur une terre aride, Tuya ( Yu Nan formidable) se démène comme une pauvre diablesse pour subvenir aux besoins de sa petite famille. Depuis que son Bater de mari paralysé à la suite d’un accident ne ramène plus de yuans, Tuya doit tout faire seule; la tambouille, conduire le maigre troupeau de moutons vers de rares près faméliques et chaque jour à dos de chameau récupérer de l’eau à 30 bornes de la yourte.

Tuya ne se plaint pas et en mère courageuse elle affronte avec ténacité les rudesses de la vie.

Mais son dos ne suit pas, elle accepte de divorcer et se résout à épouser un homme pour continuer à vivre. Elle impose comme condition de garder à la maison et de s’occuper de Bater ce qui éloignent les quelques prétendants.

Bater Bater et Tuya Yu Nan

Le reste du film se résume à une description limite sulpicienne du combat de cette femme dans les décors sauvages et semi désertiques de cette région pauvre et délaissée.
Le film lorgne du côté ethnographique avec costumes et chants mongols.

Tuya Yu Nan

Le traitement des protagonistes se révèle manichéen. Seule la femme tient la route, les hommes ont une irrésistible propension à en sortir, au sens propre comme au sens figuré. Ces mêmes hommes sont fragiles, dépressifs voire suicidaires et alcooliques. Tuya tient toujours le coup et montre une grandeur d’âme peu commune.
Ce manichéisme se retrouve aussi entre la pauvreté de cette région face à la technologie et la richesse d’une Chine en peine expansion. C’est d’ailleurs le parti pris du réalisateur de témoigner de cette autre Chine, d’imprimer sur la pellicule les derniers vestiges d’une ruralité à l’abandon.

C'est dommage que le scénario soit si ténu et simpliste. Je me souviens de l'admirable Qiu Ju une femme chinoise de Zhang Yimou avec Gong Li. Film superbe qui raconte la lutte d'une femme pour l'honneur de sa famille avec autrement plus de profondeur. Du même réalisateur je citerai également  pas un de moins qui évoque l'antagonisme entre le monde urbain en pleine croissance et le rural à la traine, là aussi un solide témoignage.

Cela n'a pas empêché le réalisateur Wang Quan An de décrocher l'Ours d'or au dernier festival de Berlin.

L'avis de Cluny et d'autres ici.

Tags: ,