?

Log in

No account? Create an account

LES FANTOMES DE GOYA - BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK — LiveJournal

aoû. 1er, 2007

12:33 pm - LES FANTOMES DE GOYA

Previous Entry Share Next Entry


Le générique prometteur fait défiler des eaux-fortes peintes par Goya y Lucientes représentant des scènes violentes, sexuelles, de torture, d’exaction, d’abomination de toutes sortes. Je me dis que Milos Forman et son scénariste complice Jean Claude Carrière nous ont concocté un film explorant la face sombre, tourmentée,  fantomatique du célèbre peintre espagnol.
Le film débute avec une réunion de la Sainte Inquisition, cet appendice de l’église espagnole qui traque avec fanatisme les déviances de la morale catholique. Un intégrisme réactivé au moment où la révolution  balaie la monarchie et l’église de l’autre côté des Pyrénées.
Goya (Stellan Skarsgärd), la cinquantaine débonnaire, s’active sur le portrait d’une jouvencelle (Nathalie Portman), fille d’un riche bourgeois. La reine pose également et le peintre ne manque pas de reproduire fidèlement les traits disgracieux de la souveraine. Le roi Charles se pique d’art, et  à l’instar de Frederic II (clin d’œil à Amadeus) nous assassine une sonate de sa composition. Frère Lorenzo (Javier Bardem), un néo Torquemada n’hésite pas à venir se faire tirer le portrait par le peintre sulfureux attitré de la cour d’Espagne.
Le scénario s’emballe, le prêtre emprisonne la jouvencelle, lui fait subir la Question pour obliger à reconnaitre de lointaines ascendances juives. Son père intercède auprès de Goya et invite à dîner le tortionnaire puis le soumet à son tour à la « question » !! (scène surréaliste).
Las il est trop tard pour libérer la pucelle (emprisonnée à vie) mais au passage l’abominable ecclésiastique abuse de la jeune fille.

Javier Bardem en commissaire politique.

Une quinzaine d’années plus tard, Napoléon débarque et ramène dans ses bagages l’ignoble Lorenzo reconverti en commissaire politique des « Droits de l’homme et du citoyen ». Titre qui justifie les exactions de l’armée impériale et de ses soudards.
D’un absolutisme intégriste nous passons à un autre totalitarisme. Forman  nous a habitué à plus de subtilité. Ici tout devient grotesque, caricatural. Nous perdons presque de vue Goya devenu sourd ! pour une historiette entre la pauvre Iñès rendue folle et un Lorenzo opportuniste malmené par les rebondissements de l’Histoire.

Dommage, il y avait certainement matière à réaliser un film dénonçant les intégrismes, les totalitarismes de toutes sortes.
Dommage aussi pour le traitement de la peinture ici réduit à un faire valoir alors que le savoir faire du réalisateur se retrouve dans la belle séquence de préparation des eaux-fortes.
Et quel manque de goût d’entendre les acteurs s’exprimer en anglais (même Lonsdale) ! quand le castillan est si musical.

Lire ce qu’en pense Cluny.

Tags: