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BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK

avr. 21e, 2009

07:17 am - EL NIÑO PEZ


 

Lucia Puenzo avant d’être cinéaste, est écrivain, et il y a une dizaine d’année, elle a publié El Niño Pez. Je n’ai pas lu le roman et le 8eme festival Vues d’En Face de Grenoble a eu la bonne idée de nous présenter en avant première française son adaptation cinématographique.  Sa sortie est programmée pour le 6 mai .

Lala (Inés Efrón), une adolescente de bonne famille de Buenos Aires, aime passionnément la jeune femme qui travaille au service de sa famille. Cette jolie brune, la Guayi (Emme) originaire du Paraguay est venue se réfugier chez eux alors qu’elle avait treize ans. Le secret qu’elle porte se dévoilera au cours de l’histoire. Les deux jeunes femmes entretiennent des liens amoureux intenses et elles projettent de vivre toutes les deux ensemble. Si Lala n’a d’yeux que pour la domestique, La Guayi se laisse séduire facilement par les hommes. Un soir Lala aperçoit son père user d’une sorte de droit de cuissage avec la domestique. Désemparée elle laisse son père avaler le verre de lait empoisonné qu’elle s’était préparée. La police a tôt fait d’accuser la servante qui prend la poudre d’escampette. Lala se tait, et elle s’enfuit là où elle espère la rejoindre dans son village natal au bord du lac Ypoà dont une légende raconte qu’au fond du lac vit un enfant poisson, réincarnation d’un jeune enfant mort noyé.

Inés Efrón & Emme.

En fait à défaut de la retrouver, elle rencontre son père, chanteur de charme et elle découvre le secret de son amante. Á son retour chez elle, elle tente en vain de disculper son  amie incarcérée qui préfère endosser le crime comme pour expier sa faute originelle. Nous découvrons l’histoire au travers les yeux de la jeune Lala et avec elle nous cheminons pour recoller les morceaux de ce film à la trame déconstruite.

La cinéaste ancre son scénario dans la réalité politique et sociale argentine. D’un côté une famille bourgeoise dominée par un père juge qui profite de sa position sociale et de l’autre une immigrée subissant la servitude de sa condition.
Lala traverse les barrières de classes mais de façon naïve alors que la Guayi ne se fait guère d’illusion sur l’impossibilité d’échapper à une destinée sociale. L’amour altersexuel des deux femmes n’est qu’une face de cette histoire.
La révolte de Lala  apparait plus épidermique, elle n’est mue que par son désir de vivre avec son amante qu’elle connait depuis sa jeunesse. Son désir pour la servante est brulant, total, fusionnel. Cela la conduit à voler sa propre famille et à empoisonner son père par vengeance. Du côté de la domestique le désir est plus ambigu, en tout cas multiple, moins exclusif et partagé avec des hommes. La Guayi présente une complexité liée à son enfance, son origine que Lala tente de reconstruire.
La fin du film nous embarque dans une histoire limite abracadabrantesque qui nuit à la force du récit. En revanche, dans la partie road-movie, lorsque Lala part à la recherche de son amie au Paraguay le film emprunte une tonalité onirique, chargée de mystère qui allège le propos quelque peu côté manichéen de la fin de l’histoire.  
De Lucia Puenzo j’avais vu son beau XXY qui interrogeait intelligemment la question du genre à travers l’histoire d’une adolescente à l’identité sexuée indéterminée (hermaphrodisme). Film rare pour une thématique « ovni » au cinéma qui est traitée avec sensibilité et tact.
On retrouve l’intérêt de cette réalisatrice pour l’élément aquatique. La légende de l’enfant poisson nous offre une belle séquence sur l’imaginaire et les mystères déjà présent dans XXY. De même Lucia Puenzo conserve un regard du point de vue de l’adolescence. Cela lui permet de  décrire la passion propre à cet âge, des inquiétudes, de la fulgurance du désir, de ces retournements.
L’actrice Inés Efrón (Alex dans XXY) incarne merveilleusement bien cette adolescente passionnée. À ses côtés Mariela Vitale connue sous son nom de scène (une rockeuse) d’Emme affiche une belle générosité.  Les deux actrices forment un couple solaire dans ce film sombre. On peut penser à un Thelma & Louise adolescent aux accents argentins.

Inés Efrón.

El Niño Pez, film argentin réalisé par Lucia Puenzo (2009). Présenté au 8eme festival gay et lesbien Vues d’en face de Grenoble.

avr. 6e, 2009

01:07 pm - COUNTRY TEACHER

Une agréable surprise ce Country Teacher, d’un tchèque dont le titre est en anglais comme son précédent film Something Like Happiness. Un titre genre : un instit de campagne aurait il une connotation péjorative ?

Petr (Pavel Liška) jeune professeur de biologie débarque dans la Bohême profonde au sud de Prague non loin de České Budějovice (je l’ai lu sur un autocar). Il cherche un lieu de tranquillité un peu comme l’escargot qui se réfugie dans sa coquille. Que fuit ou que recherche Petr pour venir se perdre dans un tel trou et enseigner à de jeunes enfants lui le prof de lycée ? Le directeur de l’école primaire qui l’accueille et le loge chez sa vieille mère lui demande la raison de sa mutation. Petr ne répond pas et le directeur dubitatif lui donne tout au plus six mois pour les quitter. Effectivement il doit avoir de « bonnes »  raisons pour s’isoler dans ce patelin et accepter de partager une chambre chez une vieille qui laisse la  télé allumée toute la nuit pour lui tenir compagnie, je suis moins seule ainsi.
Doucement l’histoire avance avec une description de l’environnement, des voisins, de la classe, rien de bien folichon. Et même déprimant dans cette collection de portraits d’individus esseulés qui se réunissent le samedi soir pour des beuveries ou des bals de campagne. Petr rencontre Marie (Zuzana Bydžovská), veuve d’un second mariage, et toujours inconsolée du départ de son premier mari qui l’a délaissé pour une plus belle. Elle élève son fils Lada (Ladislav Šedivý),  âgé de dix sept  ans qui l’aide aux travaux de la ferme.
Petr semble s’acclimater à cette ambiance agreste, il trinque et sympathise avec les paysans qui l’appellent monsieur le professeur. Quand il ne raconte pas la vie de la nature à ses jeunes élèves il muse dans la campagne verdoyante, s’allonge lire en haut des meules de foin.

Marie lui tourne autour, lui conte fleurette mais il demeure distant. Ils cueillent des cerises et on commence un peu à s’ennuyer. Fin du premier acte. Au suivant, Petr passe à Prague chez ses parents et l’on apprend ce que l’on subodorait, son altersexualité.  Ses géniteurs compréhensifs l’avisent de trouver un compagnon, d’éviter de rester seul.
Un peu plus tard son ancien amant débarque chez lui et Petr le repousse ne l’aimant plus! Mais difficile de cadenasser les pulsions sexuelles d’autant qu’elles s’incarnent sous les traits de Lada. Bien qu’il baisouille avec une lycéenne praguoise en vacances chez ses grands parents, Petr le couve d’un regard de désir. Ça tombe bien, Marie qui en pince pour le prof mais imagine qu’il la repousse à cause de son âge lui demande d’aider scolairement son rejeton.

Dans un premier temps l’adolescent refuse préférant les jeux vidéos puis il accepte espérant ainsi plaire davantage à sa dulcinée qui le considère trop rustre. Petr socratise gentiment l’ado jusqu’au soir où Lada ivre échoue dans sa chambre. Ne pouvant retenir son envie, Petr s’enhardit, s’approche de l’ado assoupi et le caresse. Lada se réveille furieux et claque la porte. Dans le dernier acte le prof contrit de culpabilité sollicitera le pardon de Marie et de son fils.
Bodhan  Sláma avec un scénario simple dans un décor bucolique un peu trompeur nous laisse du temps pour découvrir les protagonistes et nous immerger dans leur environnement campagnard. Le secret de Petr, sorte de haine de soi que représente son orientation sexuelle le pousse à ériger une barrière entre lui et les autres, à se replier sur lui même. Cette force négative se retrouve aussi à l’œuvre chez les autres protagonistes. Peu de temps auparavant Petr avait enjoint Lada de commencer par s’aimer s’il désirait (re)conquérir sa petite amie. Mais Petr lui-même ne parvient pas à assumer sa différence. C’est un peu le leitmotiv du film d’être en harmonie avec soi même, et de s’ouvrir aux autres.

La scène de la transgression de l’interdit, séquence centrale du film, va déclencher le processus de l’ouverture. Le cinéaste filme avec tact la scène d’attouchement furtif. Ce passage à l’acte figure la levée brutale du refoulement des désirs réprimés chez Petr. S’ensuit une dramatisation qui m’a fait craindre un dérapage sulpicien digne des films du siècle dernier qui abordait le thème douloureux de l’homosexualité. En fait l’altersexualité représente un prétexte pour décrire la solitude de ces personnages, et qu’au delà de cette singularité il est question de la rencontre avec l’autre, et de la capacité à pardonner. La dernière scène du film, très documentaire vétérinaire, montre les protagonistes solidaires pour mettre bas un veau. Une naissance toute symbolique voire un peu optimiste et naïve.
Country Teacher a un côté un peu rétro bien servi par des acteurs qui donne consistance à leur personnage. De plus les films tchèques qui évoquent l'altersexualité sont rares d'où notre plaisir à le découvrir.

Ici une interview du réalisateur.

Country Teacher (Venkovský učitel) film tchèque réalisé par Bodhan Sláma (2009).

sep. 23e, 2008

02:38 pm - L' AMANT DES MORTS


 

J’avais aimé son précédent roman Le corps des anges. J’ai toujours en mémoire sa belle métaphore : une glaciation en plein vol pour exprimer le drame que venait de subir l’un des protagonistes.

Lorsque j’ai vu L’Amant des morts, le dernier roman de Mathieu Riboulet,  je l’ai immédiatement acheté. Ce livre n’explore pas la nécrophilie comme pourrait le suggérer le titre. Et dès les premières lignes j’ai été saisi par la force, la violence du récit qui débute ainsi :

Le père, de temps à autre, couchait avec le fils. La mère ne voyait pas. Il fallait en finir avec les lois de la besogne, mais ça recommençait toujours. Chaque fois, pourtant, s'annonçait comme la dernière, mais invariablement le petit jour le cueillait, aveuglé, avec au creux du ventre la chaleur qui contracte les muscles, le déposait dans les bois plein d'une rage informe à son endroit qu'il s'entendait à dissiper dans la plainte continue des tronçonneuses et le fracas des arbres entaillés. Il allait donc falloir recommencer.
Le fils, de temps à autre, couchait avec le père. La mère ne voyait rien. Il fallait bien répondre, et ça ne cessait pas. Les élans adultes, brusques du père avaient éveillé au creux du fils un écho aussi obscur qu'ancien d'animalité, un besoin de sueur séchée, de salive et de sperme venu du fond des temps. C'était effrayant, mais souverain. Ils étaient au désert, cernés par la nuit, le vent des solitudes. On s'occupait de pulsions ataviques, on sculptait le revers invisible des jours industrieux et mornes.
La première fois, s'étant jeté de tout son long sur le dos dégagé de son gamin ensommeillé, le père avait fiévreusement cherché sa bouche, par précaution, pour y plaquer la main et s'assurer le concours du silence. Mais le fils avait saisi la main, l'avait placée sur sa nuque, dans un consentement tendant à l'abandon, avec un détachement dissimulé dans un soupir qui aurait dû alerter le père s'il avait été en mesure de prêter attention à autre chose qu'à la pulsion hasardeuse qui le tordait en revêtant les traits de la nécessité.
L'un comme l'autre ignoraient qu'on n'en finit jamais avec les lois qu'au prix d'un renoncement auquel il faut offrir le corps et l'âme sans obtenir en échange ni halte, ni repos - Gilles, le père, parce qu'il avait asservi de longue date l'ensemble de ses moyens à l'apaisement toujours provisoire de ses impératifs, Jérôme, le fils, parce qu'il n'avait encore rien trouvé en seize ans qui résiste à son indifférence.

 Le roman se découpe en cinq chapitres, comme autant de scansion de l’histoire de Jérôme. L’adolescence, au premier, marquée par cette espèce de mort psychique, glaciation en plein vol qui gèle le désir. La mère disparaît en abandonnant son mari et son fils. Jérôme, une fois le bac décroché, s’extrait  des plateaux ventés et glacés de la Creuse où bûcheronne son géniteur. Après des études à Toulouse il monte à Paris, au second chapitre, où il fait la connaissance de deux tantes (sic) maternelles et de la vie nocturne. Nous sommes en 81 en plein progression du Sida. Jérôme offre son corps. Au troisième chapitre, la rencontre de Fabrice, un jeune pédé happé par le virus va opérer une renaissance psychique qui se concrétisera dans les deux derniers chapitres.

Bien que peu épais, je l’ai lu par morceau. Il m’était difficile d’enchaîner les pages sans reprendre mon souffle. J’étais comme un boxeur sonné par un uppercut. Il me fallait interrompre la lecture,  relire le paragraphe, respirer. Poser le livre et le reprendre un peu plus tard. L’écriture de Mathieu Riboulet est d’une densité rare mêlant poésie et violence.

À lire sans attendre. 

Un avis ici

Mathieu Riboulet

L’Amant des morts, roman français de Mathieu Riboulet, édité chez Verdier (2008), 91 pages.

 

nov. 18e, 2007

10:44 am - DE L'AUTRE COTE


De l’autre côté, comme Alice traversons le miroir ou ici les frontières qu’elles soient   culturelles, politiques, territoriales, de ce coté-ci en l’Europe ou de l’autre côté du Bosphore. Avec un scénario bien construit aux entrelacements multiples, Fatih Akin suggère une vision optimiste de la nécessité du métissage, de la rencontre de l’autre. De Brême à Istanbul, d’Hambourg à Trabzon et à travers six personnages le film esquisse cette Europe en devenir, prise dans ses contradictions et ses espoirs.

A Brême donc, Ali un immigré turc âgé se prend d’amour pour Yeter, une compatriote qui « vend du plaisir ». Il l’accueille chez lui, et en échange de quelques gâteries domestiques lui offre le gîte et le couvert. Il faut dire qu’il est veuf depuis belle lurette et que Nejat, le fiston, a réussi l’intégration sociale en devenant prof de littérature allemande à l’université. Patatras, le père trop excité d’avoir à demeure une femme, s’enivre et expédie Yeter dans l’autre monde. On venait d’apprendre qu’elle était sans nouvelle de sa fille Ayten restée à Istanbul. Nejat accompagne le cercueil et s’installe à Istanbul pour rechercher Ayten dans l’espoir de l’aider pécuniairement et culturellement. Ce serait en quelque sorte payer la dette du meurtre maternel. Las, Ayten qui milite dans un groupuscule révolutionnaire kurde a du quitter son pays et se réfugier illico presto à Hamburg. Rapidement isolée elle se met en quête de sa mère mais c’est  trop tard. Elle rencontre (Char)Lotte qui l’héberge. Les deux jeunes femmes tombent amoureuses l’une de l’autre. Les lois de l’hospitalité teutonne étant restrictives,  Ayten doit retourner en Turquie où elle est incarcérée pour ses activités politiques antérieures. Lotte lui court après jusqu’à Istanbul où elle est tragiquement tuée. La mère de Charlotte décide à son tour de séjourner au bord de la Corne d’Or. Dans un magnifique mouvement de réconciliation et de pardon avec Ayten, elle permet à son tour la réconciliation entre Nejat et son père. Le film se découpe en trois chapitres : la mort de Yeter, la mort de (Char)Lotte , et enfin de l’autre côté. Deux sacrifices et un pardon. Point de surprise à voir le dénouement se réaliser au moment de la fête de Bayram qui commémore le sacrifice d’Abraham.

Nurgül Yesilcay et Patricia Ziolkowska.                              

C’est une oeuvre bien ficelée qui a décroché le prix du meilleur scénario ce printemps à Cannes. C’est une belle métaphore sur les relations entre l‘Allemagne et la Turquie que l’on voudrait élargir aux  pays riches vers les pays moins favorisés. 

Fatih Akim aime ses deux pays. Istanbul et la Turquie sont bien filmés. Je pensais au long métrage d’un turco italien Ferzan Ozpetek : Hammam. Istanbul y était admirablement dépeinte. Ici c’est une ville à la fois moderne et aussi avec ses quartiers délabrés qui dégringolent vers le Bosphore. Cela donne furieusement envie d’aller y déguster un café turc sous le pont de Galata.

  Au bord du Bosphore, de dos Tuncel Kurtiz (Ali)

Ce film qui flirte avec le mélo tout en restant très digne exprime un bel espoir dans ce métissage qui sauvera notre humanité. A l’époque de la mondialisation économique, les peuples frileux ont trop tendance à privilégier le repli identitaire. Fatih Akin, produit de deux cultures, rappelle avec conviction la nécessité du mélange, de s’ouvrir à l’autre. On pourra trouver le propos rêveur, utopique mais enfin pour une fois qu’un représentant de cette mixité délivre un message optimiste ne gâchons pas notre plaisir. Toutefois la mort, ou tout simplement le principe de réalité vient rappeler le difficile et long cheminement pour atteindre l’autre côté. A propos de cheminement le réalisateur use des balades en train, en voiture, même les cercueils voyagent. Eux ils franchissent sans encombres les frontières.

Ce film a même un côté altersexuel. La passion amoureuse des deux femmes se déploie avec bonheur, sans nulle trace de critique. On pourra objecter que la mère est réticente à cette amour naissant et passionnel, mais n’est-ce pas cette mère allemande qui va tendre la main. Beau symbole de la main tendue.  En revanche la vie sentimentale de Nejat s’avère réduite. Est-ce parce qu’il s’est totalement investit dans ses études, façon à lui de rembourser son père des sacrifices consentis pour son éducation ? Mon sentiment est que la réussite de son métabolisme culturel serait contrebalancé par un « raté » affectif. 
Les jeunes filles fusionnent l’affectif et le culturel, épargnées des dettes du passé.

 
Un dernier mot sur l’excellent jeu des acteurs, en particulier Hanna Schygulla, et Nurgul Yesilcay.

avr. 16e, 2007

10:09 am - CUT SLEEVE BOYS


Cut Sleeve Boys qui peut se traduire par "garçons sans manche" est l’ancien terme pour désigner "homosexuel" en mandarin (断袖之癖, dùanxìu zhī pǐ en pinyin). Une légende veut que l’empereur Liu Xin au tout début de notre ère ait découpé les manches de sa robe pour ne pas réveiller son amant qui s’était endormi contre lui.

Le film de Roy Yeung (Hongkongais) raconte les tribulations de deux amis gays anglais d’origine chinoise à Londres. Ash se travestit afin d’alpaguer un vrai tommy, bien viril. Ash (Chowee Leow) cultive depuis toujours sa féminité et son goût prononcé pour les belles robes. Il navigue au gré de ses humeurs en passant d’un genre à l’autre. De son côté Mel (Steven Lim) aimerait bien stopper le cours du temps. Fashion victim, il est obsédé par son apparence physique comme tout égocentrique narcissique qui se respecte. Son credo: tout expérimenter à condition de ne pas s’enfermer dans une relation exclusive. C’est encore mieux si on lui répète qu’il est le plus canon.

Chowee Leow et Steven Lim.

Quand Todd (Gareth Rhys Davis) un beau bébé un peu plouc débarque, Mel l’accueille tout en cherchant à s‘en débarrasser le plus vite possible. Sourd aux déclarations d’amour de Todd, Mel s’en amuse, le raille jusqu’à ce Todd décide le quitter. Mel s’en trouvera bien marri ! mais un peu tard.

Cela donne une gentille comédie primesautière, assaisonnée d'un humour bien queer.  Une sympathique  critique d'une certaine communauté gay asiatique londonienne.

avr. 15e, 2007

10:11 am - EL CIELO DIVIDIDO


El cielo dividido, film mexicain (2005) de Julián Hernández, raconte une histoire très simple. Le scénario évoque un amour passionnel entre deux jeunes étudiants mexicains. Jonas (Fernando Arroyo) et Gerardo (Miguel Ǻngel Hoppe) s’aiment fougueusement, s’embrassent, baisent, bref ils sont follement épris l’un de l’autre. Puis Jonas se détourne et ne montre plus la même passion ce qui amène Gerardo à le quitter. Gerardo retrouve le bonheur dans les bras du ténébreux Sergio qui lui déclare qu’il l’aime plus que tout autre chose au monde. Jonas, seul, éprouve alors l’absence et du coup il voudra revenir vers Gerardo, mais c’est trop tard. Histoire banale, de la découverte de la passion amoureuse, de l’amour qui n’existerait que dans un véritable éprouvé partagé.

Fernando Arroyo et Miguel Ǻngel Hoppe

L’homosexualité est présentée comme une simple variation d’une relation amoureuse, un peu à la manière du "Happy together" de Wong Kar-wai, c’est à dire une homosexualité naturelle. On voit les deux tourtereaux s’embrasser goulûment, s’étreindre en public sans la moindre réaction de l’entourage.
Le hic c’est que cela dure 2 heures 20 là où 30’ suffirait amplement. Les acteurs choupinesques exhibent souvent et heureusement leurs corps dénudés. Le film se laisse regarder, mais est-ce suffisant ? Par moment je pensais visionner un « Bel ami » soft.
Les dialogues réduits à la portion congrue, font penser que les personnages souffrent de mutisme voire d’autisme. D’ailleurs l’absence de parole entre Jonas et Gerardo conduit à leur séparation. Pour compenser une voix narrative vient surligner le déroulement de l’histoire à la façon des films du muet.

En fait j’ai eu l’impression de voir un travail scolaire. Un film très visuel, les images sont travaillées, les effets de couleurs sont nombreux. Julián Hernández abuse de tics cinématographiques. Il filme souvent en tournant autour de ses acteurs, pour nous dire que l’amour est un tourbillon ? Les plans se fondent systématiquement par des glissements, soit avec le recours au flou, ou l’éblouissement ou le plus souvent par des travellings. Certaines séquences sont réussies mais comme le réalisateur ne sait pas se limiter cela alourdit l’ensemble et finit par lasser et même exaspérer.

Alejandro Rojo et Miguel Ǻngel Hoppe

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