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BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - Envoyer un commentaire

nov. 4e, 2009

07:51 pm - MICMACS À TIRE-LARIGOT

Je n’étais pas vraiment décidé à voir le film de Jean-Pierre Jeunet. Ma rationalité se trouve un peu bousculé par cette forme de cinéma. J’avais regardé amusé son Amélie Poulain en le trouvant chromo et empestant une réalité de carte postale un peu passéiste.
Les premières images de Micmacs à Tire-larigot me confortaient dans ma prévenance. Un cinéma de clichés avec une photographie, des décors saturés de cartes postales vieillies des années cinquante. Cela débute par une séquence où un soldat est tué par l’explosion d’une mine qu’il tente de désamorcer. Puis c’est la cérémonie de son enterrement  avec tout son folklore caricatural entre la veuve éplorée et Bazil, le fils orphelin. Une bonne vingtaine d’années après on retrouve Bazil (Dany Boon) gérant d’un magasin de location de vidéo, Vidéo Matador,  en train de réciter de concert les dialogues d’un polar américain avec Bogart (Le grand sommeil). Puis, suite à un incroyable concours de circonstances abracadabrantesques il reçoit une balle perdue dans la tête. Balle que le chirurgien préfère lui laisser dans le crane et qui peut à tout moment le faire clapser ! Du coup Bazil se retrouve à la rue où il tombe sur un drôle de clochard (Jean-Pierre Marielle) qui l’emmène dans son repaire où vivent une joyeuse bande de chiffonniers un peu branquignoles.
Dominique Pinon, Dany Boon & Jean-Pierre Marielle.

J’en oubliais mes premiers énervements pour m’amuser aux incessants  clins d’œil, citations et parodies de films qui émaillent l’histoire. Le générique de début annonce la couleur, en noir et blanc et à l’ancienne.
Bazil a décidé de se venger des marchands de canons qui l’ont doublement frappé et qui sont responsables à ses yeux de la disparition de son père et de la dragée dans le bocal qui lui rend la vie bancale.
André Dussolier & Nicolas Marié.

Il parvient à entraîner ses nouveaux compagnons comme lui en marge de la société à l’assaut de puissants industriels sans vergogne.
Le scénario a les vertus du western, son schématisme naïf du bon-gentil petit David laissé pour compte contre de méchants vilains méchants pas beaux Goliath de l’industrie de l’armement.
Sur ce canevas très simple, le cinéaste se plait à  bricoler un récit loufoque où ces gentils   Pieds Nickelés mâtinés en Mac Gyver ridiculisent les surpuissants magnas de l’industrie et du  pouvoir. On oublie les invraisemblances, les allusions aux collusions (on voit l’un des patrons serrer la paluche à Sarkozy)  pour se laisser bercer par l’univers bidouillé de Jeunet. Le décor recèle de trouvailles et chaque plan sent la volonté de nous montrer son savoir faire. Il nous balade dans un Paris rétro, le long du quai de Crimée, des bords de Seine et aussi de temps en temps dans des décors modernes.  Les personnages tous plus impossibles les uns que les autres s’en donnent à cœur joie pour grimacer et débiter de bons mots portés à leur paroxysme par un Remington (Omar Sy) qui ne jacte qu’avec des expressions idiomatiques.
Marie-Julie Baup, Julie Ferrier & Yolande Moreau.

Ce divertissement plutôt marrant et qui ne casse pas trois pattes à un canard a finit à la longue par me lasser.

Micmacs à tire-larigot, film français réalisé par Jean-Pierre Jeunet (2009).

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