BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - PENSÉE MAGIQUE
mai. 26e, 2009
01:52 pm - PENSÉE MAGIQUE

J’avais lu Courir avec les ciseaux, son précédent roman qui raconte l’enfance et l’adolescence de l’auteur. Un itinéraire chaotique avec une mère déjantée pour ne pas dire folle et en guise de père substitutif le psychiatre maternel adepte de thérapie familiale permanente à domicile, bref totalement loufoque. Ceci dit Freud emmenait quelquefois ses patientes en vacances avec lui, très loin de la sacro-sainte règle d’abstinence de la psychanalyse. Le psychiatre totalement azimuté réussissant l’exploit de laisser le jeune Augusten aux prises avec l’un de ses patients qui au passage le viola ! Dans Pensée magique -concept psychologique- Augusten a la quarantaine et il nous livre son quotidien sous la forme d’une petite trentaine de vignettes comme autant d’instantanées de sa vie passée et actuelle.
Après une adolescence pour le moins cabossée, il a réussi à devenir publicitaire tout en menant une vie d’alcoolique qu’il raconte dans Déboires que je n’ai pas lu.
D’inégales saveurs et de drôlerie, il croque les travers de ses proches et de lui-même. Il apparaît tantôt comme un obsédé du désordre, mythomane, angoissé et toujours avec une pointe de dérision et d’humour. Au début cela suit une chronologie. De son enfance où il espère devenir un star de cinéma après avoir été choisi pour figurer dans un pub, puis il s’imagine issu d’une famille autrement plus excitante que la sienne, et on parcourt quelques épisodes de son adolescence. Il s’interroge sur son identité sexuelle et de la possibilité de changer de sexe. Il suit des cours dans une école pour devenir mannequin mais montre plus de disposition pour la position couchée que verticale. On sourit à l’évocation de ses tâtonnements pour devenir l’écrivain reconnu, ce qui n’était pas gagné d’avance compte tenu de son histoire.
Il reste attachant car il trouve le moyen de concentrer sur lui un panel de tares assez rare pour que ne nous laisser indifférent. Et puis son esprit s’égare dans l’imaginaire et il n’hésite pas à nous raconter des histoires abracadabrantesques, que ce soit des rats dans sa baignoire, d’une femme de ménage naine qui l’escroque sans vergogne. Bref il apparait tellement complexe que s’en est marrant. Il sait à l’occasion devenir plus intime, plus vrai quand il évoque son couple, l’amour qu’il partage avec Dennis. On a aussi droit à de savoureuses rencontres avec un prêtre, un psy et je prenais plaisir à passer d’un épisode à l’autre. On peut trouver l’exercice répétitif à la longue et l’ennui n’est pas loin heureusement que Burroughs manie adroitement l’humour et déniche dans ces anecdotes toujours l’occasion de repérer des traits de comportements révélateurs des nos mœurs.
Le site d’Augusten Burroughs et les cinq premières pages.
Matoo en parle aussi.

