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BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - SKINS

mar. 22e, 2009

02:48 pm - SKINS

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J’avais lu ici et là quelques commentaires sur cette série « teens » anglaise. J’ai regardé la première saison et les deux premiers épisodes de la seconde saison. Il s’agit d’un groupe d’adolescents âgés de 17 ans qui fréquentent le même lycée, the Roundview Collège de Bristol. Chacun des neuf épisodes titre le prénom d’un des jeunes qui devient le personnage central du feuilleton. On s’aperçoit vite qu’il s’agit principalement d’un quatuor composé de Tony, Sid, Chris et Michelle auxquels se joignent Jal, Cassie, Anwar, Effy et Maxxie. Chaque personnage représente un caractère assez typé voire même stéréotypé.
Tony (Nicholas Hoult), le personnage central incarne l’ado qui réussit tout, aussi bien les études que sa vie sentimentale. Il drague et cueille toutes les minettes qui passent à sa portée. Conscient de son aura et s’appuyant sur son intelligence, il manipule allégrement son entourage masculin et féminin. Son comportement pourrait même être qualifié de pervers narcissique. Ce qui l’intéresse c’est uniquement sa petite personne et tous les autres ne sont que des objets qu’il utilise à sa guise. Certains d’ailleurs renforce sa conduite en jouant le jeu. Quelquefois il frôle la psychopathie faisant fi des règles, trichant etc. Toutefois à la fin de la première saison, son attitude s’amende quand démasqué, son entourage s’étiole le laissant seul.

Tony, Nicholas Hoult.

Sid (Mike Bailey) le faux intellectuel avec des lunettes et un bonnet scotché sur son crâne personnifie le « puceau ». Inféodé à Tony qu’il admire pour ces conquêtes féminines il passe son temps à fantasmer sur Michelle inaccessible. Il  n’osera jamais passer à l’acte avec Cassie (Hannah Murray) qui pourtant ne demande que cela. On peut le comprendre vue la fille totalement déjantée. Anorexique, obsessionnelle, mythomane, suicidaire, à elle seule elle condense une symptomatologie assez carabinée pour servir d’illustration de la psychopathologie adolescente. Chris (Joe Dempsie), un peu brut de décoffrage est le parangon de l’ado mû essentiellement par le pulsionnel. On a l’impression qu’il a abandonné l’idée de recourir à son intellect et que sa queue tient lieu d’entendement. D’ailleurs le 4 eme épisode le trouve victime amusé d’un priapisme à la suite d’une surconsommation de pilules bleues. Quasiment orphelin, sa mère s’est barrée en lui laissant comme seule explication une liasse de billets… Dans ces conditions on comprend qu’il se réfugie dans une recherche exclusive d’aventures charnelles, faute d’envisager des relations sentimentales adaptées. Michelle (April Pearson) est amoureuse de Tony, lui passant presque tout jusqu’au jour où elle refuse les frasques de son petit ami (ces coucheries) et surtout l’absence de paroles sincères. Une ado plutôt bien dans son corps, et qui souhaite allier le plaisir sexuel et l’amour. Jal (Larissa Wilson), d’origine africaine serait la plus raisonnable affectivement parlant. On ne la verra jamais baiser, sauf sa clarinette qu’elle joue très bien. Anwar Dev Patel), musulman d’origine pakistanaise louvoie entre ses désirs sexuels et les rigueurs de sa religion qu’il pratique assidûment. Il prend toutefois des libertés avec la culture familiale et suit avec entrain ses copains dans leurs beuveries, fumeries et parties de jambes en l’air. And last but not least Maxxie (Mitch Hewer), le choupinou amateur de danse de claquettes et qui endosse sereinement sa gaytitude.

 Les scénaristes ont volontairement dramatisé les aventures de leurs personnages qui accumulent une série d’expériences aux entournures surréalistes. Ils sont dans l’excès, que ce soit de boissons, de drogues (ecstasy) et de sexe. Ils sont tous affublés de parents minables, encore plus infantiles que leur progéniture. La mère de Michelle s’envoie en l’air avec un play boy décérébré, le père de Tony, un vieux beauf dépassé gueulard et ridiculisé par sa famille. Celui de Sid ne vaut guère mieux, son fils lui dira comment se comporter avec son épouse qui vient de se barrer de la maison et ainsi de suite. Les parents de Cassie n’ont pas terminé leur adolescence et ils sont incapables de s’apercevoir de l’état de déréliction de leur fille. À côté de ces parents si l’on regarde les autres adultes on touche le fond ! Une jeune prof de psycho  (en Grande Bretagne, on enseigne la psychologie au lycée ?), qui déprime en classe (classique professoral) et s’envoie en l’air avec Chris, le garçon le plus abîmé ! Un autre pédago apparaît comme un pleutre et un incapable qui ne pense qu’à sauter sa collègue. Et je passe sur la psychiatre !  En tout cas dans cette saison 1 les adultes rivalisent d’infantilisme, d’irresponsabilité et ils ne tiennent jamais leur fonction de parent, d’adulte.

Sid, Mike Bailey

Néanmoins on remarque une certaine bienveillance pour les personnages marginaux et leur entourage. La famille d’origine pakistanaise, comme celle de Jal, et de Maxxie bénéficient d’une relative sympathie. Au début de saison 2 on découvre les parents de Maxxie (absents dans la première saison) comme des parents responsables. Le père certes un peu bourru en hippie vieilli s’intéresse à son fils et l’aime véritablement. En revanche les petits anglais de souche et surtout leurs géniteurs compilent les tares et les impérities.
Je ne vais pas reprendre les différents épisodes mais certains balancent bien, dès le premier on voit toute la bande voler une Mercedes qui va finir sa vie dans la rivière. C’est plutôt enlevé !
Le plaisir et l'humour sont souvent au rendez vous avec alternance de séquences plus dramatiques. Avec une certaine justesse la série évite la simplification, le manichéisme. À des séquences dramatiques répondent des visions optimistes qui rendent compte de la diversité des comportements et des enjeux de cette période. Ils font la découverte des premières fois, premières baises, premières cuites, premières déceptions sentimentales, premières confrontation au monde adulte. On comprend que se coltiner à ces réalités engendrent des interrogations, conflits qu’ils franchissent non sans égratignures. Les jeunes malgré leurs excès s’en tirent quelques fois bien, en général par des vomissements et de préférence les uns sur les autres.

 

Je me suis intéressé au personnage de Maxxie. Il apparaît assez peu dans les six premiers épisodes. On apprend dès le début qu’il est gay et il convainc Sid et Anwar de l’accompagner à un bal gay! Ses copains acceptent facilement cette invitation.  La soirée tourne court, on se croirait au fin fond d’une banlieue dans une soirée patronage avec trois quidams moches et âgés agrippés au comptoir d’une buvette. Ensuite pas grand chose sauf une brève séquence où on le voit danser avec des claquettes. Il incarne l’artiste, le danseur et aussi le dessinateur, on admirera furtivement le croquis d’une belle bite. Il est surtout le gentil copain qui suit docilement les autres dans leurs diverses pérégrinations. Il participe aux beuveries, aux déconnages mais toujours sans sexe. Quand arrive son épisode, c’est pour nous emmener dans un abracadabrandesque voyage scolaire en Russie où il partage la vedette avec les autres. D’où une certaine frustration ! Les jeunes logent dans une sorte d’auberge de jeunesse russe au confort spartiate et Maxxie partage sa chambre avec celui qui apparaît comme son meilleur copain Anwar. Au point que nous pouvions imaginer une certaine accointances entre les deux, même si Anwar manifestait des velléités hétérosexuelles. On pouvait subodorer une certaine ambivalence dans ses désirs. Bref les voilà tous les deux dans une chambre et Anwar tient des propos peu à mêmes sur pédésexualité de son copain. Très crânement Maxxie lui demande de s’excuser ce qu’il refuse se retranchant derrière des arguments religieux. S’ensuit une brouille entre les deux d’autant qu’Anwar maintient ses propos. Au cours de cet épisode Anwar perdra sa virginité dans les bras d’une cosaque. Quant à Maxxie il se laissera brièvement tripoter par Tony plus manipulateur que jamais. C’est Maxxie qui abrège la fellation en expliquant par la suite J’avais les boules, alors il me les a léchées !  Du coup j’avais un sentiment mitigé, Maxxie n’occupe pas vraiment le devant de la scène, et de plus sa sexualité pour la première fois explicite est ici réduite. Alors qu’on nous montre les séances de baise d’Anwar, de Chris et de Tony. Dans le numéro dédié à Anwar, Maxxie réapparaît. Il fête ses 17 ans et Maxxie invité refuse d’entrer tant que son copain n’aura pas dit à son père qu’il est gay. On peut louer la ténacité des scénaristes à nous montrer cet adolescent revendiquer calmement, sereinement sa différence. À la fin on verra discrètement Maxxie lové contre le torse d’un homme.
Changement de vitesse au début de la saison 2. C’est Maxxie qui ouvre le bal de la série. Tony est provisoirement out, suite à un grave accident.  Maxxie danse, il croise de jeunes gamins qui sont au courant de son orientation sexuelle. Il persiste à assumer tranquillement son altersexualité, même devant les insultes homophobes des jeunes de son quartier. À cette occasion le père de Maxxie réprimande l’un des jeunes qui plus tard rejoindra Maxxie pour une revigorante partie de baizouillage. Maxxie, plus présent, et toujours très à l’aise dans son corps veut aller à Londres pour intégrer une école de danse.

Chris, Sid, Maxxie & Tony.

D’une manière générale, les garçons sont choupinesques exhibant de beaux ventres, voire de belles fesses. C’est agréable de suivre cette série qui dévêt aussi les garçons.
Si on dépasse les outrances des premiers épisodes, les addictions en tout genre, la caricature du monde des adultes, on notera l’aspect sociologique, naturaliste de cette génération d’adolescents. Si j’ai regretté la retenue concernant la pédésexualité de Maxxie comparée à l’illustration de l’hétérosexualité, j’applaudis la force tranquille qui habite Maxxie.
L’homophobie n’est pas exclue, plutôt à la marge avec cette incise où le plus homophobe en apparence cache une gaytitude difficile à vivre.
Bref une série réussie, plaisante à regarder et qui sonne plutôt juste avec des acteurs qui résonnent bien avec leur personnage. L’un d’eux, Dev Patel qui interprète Anwar connaît depuis la renommée avec son rôle dans Slumdog Millionaire.

Anwar, Dev Patel.

Ici l’avis iconographié de Bernard. Le site dédié sur Wikipédia. La saison 1 est disponible en Dvd (malheureusement uniquement en version française), la saison 2 visible ici.

Skins, série anglaise réalisée par Brian Elsley et Jamie Brittain (2007-2009).

Comments:

From:(Anonymous)
Date:mars 22e, 2009 09:11 pm (UTC)

Coïncidence

(Link)
C'est marrant les coïncidences : cette semaine, on a regardé presque tous les soirs les épisodes de la saison 1 que je venais d'acheter (NB une VOST est heureusement disponible).
Aussi charmé par la série que moi, Gabriel a cherché la saison 2 mais pour le DVD il faudra encore attendre.
Je suis content d'apprendre que Maxxie (so cute !) y tient une place un peu plus prégnante et que ses parents ne sont pas déglingués.
Vale !
Thomas (http://notesgaydethomas.over-blog.com/)
(Répondre) (Thread)
[User Picture]
From:[info]psykokwak
Date:mars 23e, 2009 07:15 pm (UTC)

Re: Coïncidence

(Link)
C'est d'autant plus amusant que j'ai le coffret (en français aie!) depuis deux mois et je ne l'ai visionné qu'en fin de semaine. Depuis je continue à regarder les épisodes de la saison 2 et les personnages gagnent en épaisseur psychologique. Dû en partie au retrait de Tony, bien amoché à la fin de la saison 1.
(Répondre) (Parent) (Thread)

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