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BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - LES ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES

mar. 3e, 2009

11:39 pm - LES ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES

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Comme souvent dans les romans de Jean-Paul Dubois le récit débute à Toulouse et le narrateur Paul Stern, la cinquantaine, assiste médusé à l’évolution de son environnement. Sa femme se retire dans une mélancolie impénétrable. Alexandre, son veuf de père, hérite de la fortune de son frère brutalement décédé. Jusque là, Alexandre avait mené son existence dans la retenue, la mesure et selon une certaine probité morale, du moins en apparence. Tout à l’opposé de son frère qui menait grand train étalant sa richesse sans vergogne.  

Brutalement son père change de comportement, balayant ses principes pour plonger sans état d’âme dans une vie bling bling, allant jusqu’à épouser sa belle sœur !

Paul quelque peu déboussolé saisit une opportune proposition de travail à Hollywood pour s’exiler quelque temps. Peu de chose le retient. Sa femme entre en clinique psychiatrique pour une sévère cure de sommeil. Autant rejoindre Los Angeles et devenir un script doctor pour la Paramount. Il se voit confier un vague projet de scénario, en fait une combine pour racheter les droits d’un film et d’en faire un remake à la sauce californienne. À Hollywood Paul croisera le sosie de sa femme trente ans plus jeune. De quoi le ranimer ! Troublé par cette rencontre il s’abandonne dans les bras de son souvenir de jeunesse. Un accommodement raisonnable …
Le livre débute trois mois avant l’élection présidentielle de 2007 pour se conclure un an plus tard. Ces douze mois vont scander les chapitres.
Avec ces accommodements raisonnables Jean-Paul Dubois dépeint une société qui dérive, délaisse ses repères, et s’accommode de lâchetés, faiblesses, facilités que l’auteur puise dans des évènements du quotidien. Que ce soit en France ou aux Etats Unis le romancier décrit des individus gagnés par l’indécence, l’immoralité. À petite ou grande échelle. Les premières frasques de Sarkozy illustrent cette désinvolture, cette mollesse de caractère qui contamine les protagonistes. Son père rompt avec son éthique. Paul s’arrange avec sa conscience et se range du côté des producteurs cyniques face aux scénaristes exploités. Paul accepte de travailler en pleine grève des scénaristes des studios…
Les personnages paraissent guidés par leur pulsion, s’affranchissent de la morale, font fi  d’honnêteté intellectuelle. Rien ne vient arrêter leur relâchement. De grands adolescents dotés d’une petite dose de culpabilité qui préfèrent se laisser entraîner par leurs envies plus que par le désir. Des personnages au surmoi bien lâche qui se complaisent dans une paresse morale.

De petits arrangements en concessions, à l’instar de la miga présidentielle Paul se laisse ballotter au gré de ses envies. Avec finesse et doté d’un roboratif humour Jean-Paul Dubois pointe ces délitements qui agitent nos existences. La traversée de l’Atlantique ne change guère la donne, elle offre à Jean-Paul Dubois l’occasion de souligner avec pertinence les errements d’une société américaine que la notre singe à imiter.
Après l’étrange Hommes entre eux qui m’avait un peu ennuyé, je retrouve l’auteur caustique d’Une vie française et du drolatique Vous plaisantez Mr Tanner avec son humour, à décrire les accommodements peu ragoûtants mais si vrais de ses contemporains. Avec ce roman au joli titre, j'ai pris plaisir à suivre une année de la vie de Paul Stern.



Les accommodements raisonnables, roman français de Jean-Paul Dubois, Editions de l'Olivier, (2008), 262 pages.

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