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BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - UN GARCON PARFAIT

nov. 7e, 2008

08:28 pm - UN GARCON PARFAIT

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Le prix Médicis du roman étranger vient d’être décerné à  Un garçon parfait de l’écrivain suisse Alain Claude Sulzer.

J’ai lu ce roman ce printemps et je l’avais trouvé gidien dans sa forme, son style. Une belle écriture avec un aspect classique, voire académique. J’avais pensé écrire un billet sur ce beau roman …

Ernest est un garçon parfait. Garçon au double sens du terme. Depuis la fin de son adolescence il travaille comme serveur. Au cours des années il a gravit les échelons de la profession pour devenir maître de rang dans un grand restaurant. C’est un professionnel accompli, un modèle du genre. En revanche côté jardin, on le découvre vivant seul, dans une petite chambre se contentant de pas grand chose et menant une vie rythmée par son travail et ses habitudes qui confinent à l’obsession. Une vie très rangée, marquée par de brèves aventures à la sauvette qui lui vaudront une agression homophobe. Une lettre arrive lui rappelant un lointain passé. Sa rencontre, trente ans plus tôt avec Jacob, un alter ego qu’il forma dans un grand hôtel palace au bord d’un lac suisse quelques temps avant la déflagration de la seconde guerre mondiale. Dans ce paradis pour grands bourgeois, une belle histoire d’amour va naître entre les deux garçons et se terminer par le départ brutal de Jacob… et de son silence. Ernest, le narrateur en demeurera inconsolable.

Jacob a choisi de suivre un grand écrivain, Klinger, qui fait foutrement penser à Thomas Mann. Le célèbre romancier et sa famille venaient séjourner dans ce palace. Jacob eu une aventure avec Klinger que finit par découvrir Ernest. Il ne restait alors plus qu’à Jacob de partir… et Klinger lui offrit un poste de secrétaire particulier.

Une trentaine d’années plus tard Ernest demeure toujours seul. Une lettre en provenance d’Amérique le replonge dans son passé. Jacob appelle au secours et lui demande d’intercéder en sa faveur auprès de Klinger revenu s’installer en Suisse…

Un joli récit, qui prend des allures de roman policier pour se dévoiler à la fin du livre. Ernest rappelle le personnage du majordome interprété par Anthony Hopkins dans Vestiges du jour, film de James Ivory. Totalement dédié à son travail, il a mis entre parenthèses sa vie affective. Elle s’est arrêtée avec le départ, la trahison, de Jacob dans ce palace suisse. Une vie asséchée, faite de solitude. Le retour dans la réalité de l’existence de son ancien et unique amour ravive une blessure jamais cicatrisée.
Car naturellement, il était clair à ses yeux qu’il n’était arrivé à rien. Il essayait de faire comme tout allait bien, mais même le travail le plus acharné ne pouvait le soustraire à la pensée qu’il n’était en vérité, arrivé à rien. Ses efforts pour convaincre avaient échoué, il se retrouvait les mains vides, c’était un sentiment dévastateur.
L’auteur dépeint avec finesse l’atmosphère de l’époque d’avant guerre, de cette ambiance propre aux grands palaces. Il décrit la passion entre les deux garçons, dès leur rencontre.

 Un garçon parfait (2007), roman de Alain Claude Sulzer, traduit de l’allemand par Johannes Honigmann. Editions Jaqueline Chambon-Actes Sud, 237 pages.

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