BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - BANGKOK LOVE STORY
avr. 21e, 2008
12:00 am - BANGKOK LOVE STORY

Mehk (Nuage), tueur à gage enchaîne les contrats sans état d’âme. Solitaire, ce travail n’est qu’un pis aller dans sa morne existence, juste utile à financer les soins nécessaires pour sa mère et Mhok (Brouillard), son frère, qui crèvent à petit feu du SIDA. Mhok a été violé par son beau père qui les a contaminé. Il est régulièrement brutalisé et dépouillé de ses médicaments par des jeunes du quartier effrayés par sa maladie. Mehk (Rattanaballang Tohssawat) doit kidnapper Itt (Pierre) et le ramener à son patron. On imagine que le jeune homme d’affaire informait la police sur les activités illicites de son patron. Mission risquée dont s’acquitte Mehk. Mais lorsqu’on lui demande de descendre Itt (Chaiwat Tongseang), il refuse prétextant que c’est un bon gars, pas comme les salauds qu’il dessoude d’habitude. Une fusillade éclate qui se poursuit dans une fabrique de statues de Bouddha dont les têtes explosent sous l’impact des balles. Mehk blessé est alors secouru par Itt qui le trimballe jusqu’à la planque glauque de Mehk. Puis il le soigne. Ils logent dans un taudis niché sur la terrasse d’un immeuble de Bangkok. Une cohabitation étrange s’installe qui débouche sur une relation amoureuse difficile à accepter pour Mehk qui prend du champs. Itt dépité n’a de cesse de l’exhorter à revenir. Mehk tergiverse entre sa petite famille à l’agonie et sa passion amoureuse pour Itt. Sa mère se suicide après avoir découvert que Mhok se prostituait pour payer leurs traitements médicamenteux. Mehk finit par être coffré par la police… alors que Itt perd la vue lors d’un ultime règlement de compte.
Mehk Rattanaballang Tohssawat
Itt Chaiwat Tongseang
Sacré cinéma thaï ! Après les kitschissimes larmes du tigre noir, le queer Satreelex Iron ladies, l’envoûtant et fantasmagorique Tropical Malady, le touchant Beautiful boxer, et ce Bangok Love Story, le cinéma altersexuel thaï me réjouit. Intriquer une histoire de truands avec une histoire d’amour entre deux mecs ce n’est pas courant. Les quelques scènes d’action viennent rythmer les longs et beaux échanges entre les deux hommes. J’ai pensé à l’ami américain de Wenders. Et aussi à Brokebak Mountain, même si le réalisateur Poj Arnon déclare avoir eu l’idée de son scénario avant la sortie du film de Ang Lee. La photographie est léchée dans des teintes saturées de jaune orangé, ou plus sombre, de nombreuses séquences se déroulent la nuit et sous la pluie. Les deux héros ayant une furieuse propension à baiser à même le sol détrempé quand ce n’est carrément pas dans des flaques d’eau. Il fait chaud et humide à Bangkok et nos deux protagonistes se baladent souvent en caleçon ce qui permet d’admirer la magnifique plastique de l’acteur qui interprète Itt. Toutefois un regret que le scénario ne soit pas à la hauteur de la qualité cinématographique et que le style penche vers la forme mélodramatique.

Et pour le plaisir des yeux un extrait.

Olivier Autissier
L'eau est souvent présente dans les films asiatiques et particulièrement chez Tsai Ming-Liang (cf La rivière).
merci pour la critique :-)