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BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - INTO THE WILD

jan. 18e, 2008

07:23 pm - INTO THE WILD

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Avec réticence je me suis résolu à voir Into the wild au complexe multi salles car il est projeté en version française.  En revanche, je l’ai vu sur grand écran et bien confortablement assis, ce qui est préférable vu sa durée.
Chris, puis Alexander Supertramp (Emile Hirsh), largue sa famille alors qu’il vient juste de terminer brillamment ses études à l’Université de Géorgie et que ses parents lui offrent une voiture toute neuve. Ils en ont marre de le voir se trimballer dans sa vieille guimbarde japonaise. Las, Chris désire autre chose que des objets comme témoignage de leur amour. Depuis quelques années il ne supporte plus leur fausse entente conjugale, leurs méprisables secrets familiaux, il aspire à la Vérité, dans ce pays où le parjure est élevé au rang de crime. Il décide de se tirer, de masquer son identité, et il refile ses économies à un organisme de charité. C’est un cuir par la force des choses, sa vieille Datsun n’a pas résisté à l’impétuosité d’une rivière en crue à côté de laquelle il s’était imprudemment installé. Donc chaussé de ses godasses en cuir il s’engage dans une aventure solitaire. Il arpente les vastes territoires sauvages du Colorado, de l’Arizona… Son credo retrouver une vérité, le sens de la vie, la recherche du bonheur. Chemin faisant il croise un couple de hippies qui n’a pas su garder leur fils parti sans rien dire, de jeunes danois un peu déjantés. Il séjourne quelques temps chez des cow-boys d’aujourd’hui : des moissonneurs de champs de blé, dont Wayne trafiquant de décodeur, le temps de glaner quelques dollars pour financer son projet, son obsession : aller toujours plus loin dans sa quête de vérité qui ne pourrait se découvrir que loin de toute civilisation. Ce sera l’Alaska.

 

Avant d’y parvenir il traversera la Californie, se fera violemment éjecter d’un train, puis il croisera Ron, un retraité militaire reconverti dans l’artisanat sur cuir. Le vieux, attendri par la jeunesse et la fougue d’Alexander, lui propose même de l’adopter. Non, Chris poursuit sa route et finit par se rendre au bout du monde, en pleine nature sauvage au cœur du Yukon avec de magnifiques et grandioses paysage montagneux enneigés. Un magic bus abandonné lui sert alors d’abri de fortune.

Alexander Supertramp  Emile Hirsh.

Le récit se découpe en plusieurs épisodes comme autant d’étapes de sa nouvelle existence. La re naissance, l’adolescence, l’age adulte, la famille et la sagesse. Deux années vont s’écouler avant que le rêve vire au cauchemar et qu’il meurt de malnutrition et d’empoisonnement.

Scénario adapté d’un livre de Krakauer basé à partir d’une histoire vraie.
Ce road-movie est traversé de références littéraires que Chris distille tout au long de son parcours initiatique, existentiel. Tolstoï, Byron, Thoreau  alimentent la pensée du jeune vagabond qui nous gratifient d’aphorismes symplistes, sympas/ simplistes. Du style : le bonheur n’a de sens que partagé… .
Sean Penn accumule les oppositions, nature et civilisation, solitude et socialisation, la terre et le ciel, …  Chris abandonne la civilisation et une carrière toute tracée pour glisser progressivement into the wild. Mais la civilisation n’est jamais loin avec ses jets qui zèbrent le ciel, et qui le rattachent à son père, ingénieur à la Nasa.  Alexander le vagabond arrachent ses oripeaux familiaux avec obstination alors que ses amis de rencontre l’enjoignent de les maintenir un minimum. Alexander s’accroche à la terre et à ses productions naturelles, en rejetant les produits manufacturés, l’argent, les symboles de l’Amérique conquérante.

Omniprésence de la nature avec ses immensités désertiques, dépeuplées, ses rythmes saisonniers, ses règles intangibles, une erreur peut se révéler fatale.
De splendides images illustrent cette errance, descente tourbillonnante du fleuve Colorado dans le Grand Canyon, le Lake Mead, le désert de Mojave et bien sur l’Alaska. Quelques belles trouvailles de scènes, de travellings, notamment la dernière séquence où la caméra quitte le visage du protagoniste pour s’envoler très haut dans un fondu remarquable.
On frôle de petites et grandes bestioles plus ou moins sympathiques, ours, serpents, araignées, élans, loups, … Mais le décor n’est jamais envahissant au point d’édulcorer le récit.
Et on suit sans lassitude Chris/Alexander, choupinou et trappeur barbu jusque dans sa déchéance finale.

Ron Hal Holbrook, Emile Hirsh (Choupinesque)

Avant de voir le film je pensais à Jeremiah Johnson, le western culte de mon adolescence. Effectivement on retrouve la force de la nature, il y a aussi un côté Gerry dans cette marche un peu vaine. 
Un vrai film américain avec ses grands espaces, les frontières à rechercher, à dépasser, et une morale finale malheureusement teintée d’une bondieuserie navrante inutile.

Lire des avis ici, celui de Chori et une interview du chef op’. 

Comments:

From:(Anonymous)
Date:janvier 18e, 2008 09:14 pm (UTC)
(Link)
Je ne te sens pas emballé plus que ça...
Olivier Autissier
(Répondre) (Thread)
[User Picture]
From:[info]psykokwak
Date:janvier 19e, 2008 05:01 pm (UTC)
(Link)
J'ai été trop dur ? pourtant cet été je vais me balader un peu sur les traces de Alexander Supertramp, mais pas jusqu'en Alaska.
(Répondre) (Parent) (Thread)
From:(Anonymous)
Date:janvier 20e, 2008 04:24 pm (UTC)
(Link)
il me tente bien tout de même.
http://sylvie-lectures.blogspot.com/
(Répondre) (Thread)
From:(Anonymous)
Date:avril 12e, 2008 04:29 pm (UTC)

Shin

(Link)
Bonjour,

"Into the Wild" est un film magnifique très riche de sens et aux paysages somptueux.

Un film intelligent et brillant d'un Sean Penn qui démontre toute sa sensibilité et sa révérence face au parcours de cet être hors du commun.

J'avais peur que le film ait un côté "ma société elle a que des problèmes, ma société elle a mauvaise haleine", mais il n'en est rien et c'est une très bonne chose. J'ai vraiment été transporté par l'absurde destin de ce personnage incarné à merveille par Emile Hirsch...

Amicalement,

shin.over-blog.org
(Répondre) (Thread)

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