BLOG - ALBUM DE PSYKOKWAK - le 09 octobre 2007
oct. 9e, 2007
09:58 pm - L ' ENNEMI INTIME

Avec un tel titre je m’attendais à retrouver les faits relatés dans le documentaire éponyme de Patrick Rotman, dont le nom figure en bonne place au générique du film. Je supposais que le réalisateur interrogerait la part sombre de la guerre d’Algérie. Il n’est pas inutile de se souvenir des critiques exprimées par N. Sarkosy lors de la campagne présidentielle contre les repentances et le travail de mémoire soutenus par tous ceux qui n’acceptent pas la banalisation des errements coupables de la France en Algérie.
Le film se déroule en 1959, en Kabylie où un petit détachement de l’armée française tente de contrôler une région tenue par l’ANL. Un jeune lieutenant idéaliste (Benoît Magimel) se porte volontaire pour rejoindre cette zone interdite. Il véhicule l’idéologie ambiante d’une France paternaliste, sûre de son bon droit pour apporter bonheur et pacification aux « indigènes » face à des rebelles. Il vient remplacer un officier tué par erreur dans une embuscade.
Nous pouvons penser que le Lt Terrien recherche de vrais ennemis, une frontière marquée entre l’armée et les combattants pour l’indépendance. Une guerre qu’à l’époque les dirigeants politiques qualifiaient de simples événements, de maintien de l’ordre.
De fait il rencontre de véritables baroudeurs, et des supplétifs qui ont combattu pour la France à Monte Cassino, en Indochine. Rapidement il comprend que cette guerre ne correspond pas à ses aspirations. Il s’insurge lorsque le sergent dégomme froidement deux autochtones avant de reconnaître qu’il s’agissait en fait de soldats de l’ANL. Il s’indigne lorsque l’aviation bombarde au napalm malgré son interdiction par les conventions internationales.
Benoît Magimel, Aurélien Recoing et Albert Dupontel.
Puis il va perdre ses dernières illusions d’une guerre civilisée quand il découvre l’usage de la torture. « On ne répond pas à la sauvagerie par la barbarie » balance-t-il à l’officier de renseignement.
Pourtant il suffira qu’il soit directement confronté à des atrocités pour céder à l’engrenage de la violence et recourir aux méthodes qu’il dénonçait auparavant.
L'ennemi intime de Florent-Emilio Siri illustre cette guerre qui n’ose dire son nom, faite de petites escarmouches avec un ennemi insaisissable, de l’emploi de moyens de terreur brutaux (exécution de civils). L’image fortement saturée de bleu donne un aspect documentaire contrastant avec des séquences léchées, de grands panoramiques qui tirent le film du côté du grand spectacle.
Le réalisateur s’attarde sur la lente et inexorable dérive de la conscience du lieutenant qui se résigne à l’inadmissible (torture et exécution des prisonniers). Face à son déchirement intime, il choisira comme échappatoire d’aller se livrer aux balles ennemies. On pense évidemment aux films de Boisset (RAS) et Vauthier (Avoir 20ans dans les Aurès).
La véracité historique est clairement revendiquée, « les faits sont réels » lit-on dès le générique, renforcée par la présence de Patrick Rotman.
D’ailleurs les scènes du film illustrent les témoignages de son implacable documentaire éponyme diffusé à la télévision en 2001.
Toutefois je ressens un malaise. Les protagonistes des deux camps sont mis dans un même sac pour des exactions inadmissibles commises de part et d’autre. Du coup on reste à la surface, au niveau du jeune appelé dépassé par les évènements. Aucune distanciation critique n’est proposée.
Benoit Magimel et Albert Dupontel.
D'autres avis ici.
11:55 pm - PEDE COMME UN PHOQUE
Il se faisait tard, mon écoute flottante et bienveillante commençait à songer à l’après séance lorsque Arthur quitta les rives de ses plaintes (justifiées) envers sa mère pour parler de sa pédé sexualité. Son prof aurait lancé en classe pédé comme des focs ce qui le fit pouffer de rire.
Je lui fis répéter ayant entendu fuck au lieu de foc - ah l’écoute flottante ! - et il me précisa qu’il ne s’agissait pas des veaux marins des mers froides mais plutôt de la voile avant du voilier que le vent prend par derrière . Ah bon ? Je n’avais jamais pensé au foc, fuck plus sûrement et je me disais qu’Arthur avait certainement des choses à m’apprendre. Où vont se nicher les expressions populaires ? Imaginer le foc comme la métaphore du pédé a de quoi me plonger dans des abîmes de perplexité. Quant à faire il vaudrait mieux dire pédé comme un spi.
Faut reconnaître que pédé comme un phoque vaut aussi son pesant de cacahuètes.
Cela me rappelle une autre expression ramassée dans Juste une question d’amour où l’on entend de la bouche de la fille pédé comme un sac à dos.
Cyril Thouvenin
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